Traitement Pyrale du buis 12 commentaires


Comment lutter contre la pyrale du buis ? Quel traitement appliquer pour la pyrale du buis ? Cette chenille, mangeuse de buis, a une vitesse de prolifération exceptionnelle. En général, lorsque vous vous rendez compte que vos buis sont atteints, il y a déjà une belle petite colonie installée. Comment s’en débarrasser et se prémunir de nouvelles attaques ?

Comme je vous l’indiquais dans l’article sur le cycle de vie de la pyrale du buis, les femelles papillon de pyrale du buis pondent entre 200 et 300 œufs et peuvent pondre d’avril à novembre sans soucis, donc vous imaginez la prolifération et les dégâts si vous n’intervenez pas, sachant que vous êtes, à priori, son seul prédateur. Oui, malheureusement pour nous et nos buis, la chenille de la pyrale du buis n’a à ce jour pas de réels prédateurs connus dans nos contrées.

Attaque de la pyrale du buis: il vous faut donc agir vite.

Au tout début, l’infestation est difficile à déceler . Les premières toutes petites chenilles se cachent au cœur du buis. Lorsque vous constatez que certains rameaux de vos buis dépérissent ou que vous commencez à apercevoir des chenilles sur les feuilles extérieures c’est que la pyrale du buis est déjà bien installée et les dégâts bien avancés.

dégâts pyrale sur buis - traitement pyrale du buis

dégâts pyrale sur buis

 

Avec quoi traiter la pyrale du buis ?

Le premier réflexe des personnes concernées est bien souvent de se jeter sur le premier insecticide chimique à leur portée et d’en asperger copieusement leurs buis. Ce traitement pyrale du buis est certes efficace, je dirais même trop efficace. Les chenilles vont bien mourir, mais tout ce qui se trouve autour également, et pendant longtemps car ces produits ne sont pas bio-dégradables. Votre environnement immédiat va en pâtir et probablement que votre santé aussi.

A l’opposé, d’autres ne veulent mettre aucun traitement et font un ramassage manuel des chenilles. Si vous avez un tout petit buis, ça peut faire, mais si vous avez plusieurs buis ou des gros ou même une haie, jamais vous ne vous en sortirez.

Donc il n’y a pas de mystère, il faut traiter mais avec un produit biologique, naturel et sélectif mais pas n’importe lequel.

Si par exemple vous traitez avec un produit à base de pyrèthre végétale, c’est naturel et biodégradable, mais pas du tout sélectif. La pyréthrine tue tout les insectes par contact (et agit même sur les poissons – attention à vos bassins !) et donc a un effet dévastateur sur les bons insectes de votre jardin et tout les animaux à sang froid. Donc la pyréthine, à éviter.

Un traitement efficace contre la pyrale du buis.

Le traitement pyrale du buis naturel efficace est le bacillus thuringiensis, et plus précisément le bacillus thuringiensis Kurstaki. C’est une bactérie, qui une fois ingérée par les chenilles, s’attaque à leur système digestif. La chenille cesse alors de manger et meurt en quelques jours. Ce traitement ne tue que les chenilles et pas les autres insectes des alentours, ni les papillons, même pas les papillons de la pyrale.

Vous pouvez le trouver très facilement en jardinerie. Ne demandez pas forcement un produits spéciale pour la pyrale du buis ( car vous risquez de le payer plus cher) mais demandez tous simple du bacillus thuringiensis Kurstaki pour tuer les chenilles.

traitement pyrale du buis

Vous pouvez également en trouver en ligne sur le net, avec des boites plus volumineuse, avec un prix au kilos bien plus avantageux.

 

Comment traiter la pyrale du buis ?

Le traitement pyrale du buis à base de  bacillus thuringiensis doit être pulvérisé sur toute la surface de vos buis en ayant garde de bien mouiller également le dessous des feuilles. Le bacillus thuringiensis est sensible au UV et donc il est conseillé de traiter soit en fin de journée soit par jour nuageux (mais sans pluie). Bien évidement, ne traiter que si vous voyez des chenilles, un traitement préventif ne sert strictement à rien car ce bacillus a une durée de vie très courte une fois pulvérisé. Vous devez refaire un traitement 8 jours après au cas où quelques chenilles auraient réchappé au premier passage. Si vous ne faites pas ce deuxième passage, il y a de forte chance qu’il reste quelques chenilles qui vont ravager vos buis.

Une fois vos buis débarrassés de ces sales chenilles, l’affaire n’est pas close pour autant. Les papillons de la pyrale du buis ont de fortes chances de revenir pondre et donc il va falloir surveiller ça de près. Pour ce faire je vous conseille de mettre un ou des pièges à phéromones. Ce sont des pièges pour capturer les papillons mâles.

piège papillon pyrale du buis

piège papillon pyrale du buis

Ces pièges se trouvent en jardinerie ou facilement sur internet. Avec ce système vous allez non seulement savoir quand les papillons de la pyrale du buis seront de retour, mais en plus vous allez capturer une petite partie des mâles et donc réduire la ponte (seulement si l’invasion n’est pas trop forte).

Bien entendu ces pièges ne sont d’aucune utilité si vous voyez déjà des nuées de papillons le soir et de plus, ils seront très vite saturés.

Les papillons pondent juste quelques jours après l’accouplement, donc il est conseillé de retraiter vos buis environ 8 jours après l’arrivée des papillons, il y a surement déjà des petites chenilles, même si vous ne les voyez pas vraiment.

 

Que faire après la pyrale du buis ?

Pour les buis déjà très attaqués et défeuillés, je vous conseille (après avoir détruit les chenilles, bien sûr) de les laver avec un jet d’eau puissant (voir même un karcher pour les gros) afin de les débarrasser des filaments et feuilles sèches laissées par les chenilles (Ces déchets contiennent souvent encore des chrysalides de papillons). Vous donnez ensuite un peu de fertilisant ( compost) à vos buis pour les rebooster et ils devraient repartir assez rapidement. Si vous voulez également leur faire un petit coup de taille , c’est le bon moment et ça leur fera du bien pour repartir.

Restez vigilant, car cet envahisseur n’est pas près de disparaître et va faire de gros dégâts chaque année si vous n’y prenez pas garde. La pyrale du buis commence ses ravages à partir de mars avril, voir même février mars pour les coins bien exposés

et ce jusqu’au mois de novembre.

 

Et rappelez vous que certaines chenilles de la pyrale du buis arrivent à passer l’hiver et donc les premières attaques de printemps peuvent avoir lieu avant l’arrivée des papillons.

 

Les déchets de taille des buis contaminés doivent être brûlés pour éviter tout prolifération. Je sais , comme je le dis souvent : « Brûler ces déchets verts, c’est interdit par la loi », mais là il y a exception : il est toléré de brûler ses déchets en cas de gros problème phytosanitaire.

Vous pouvez aussi les broyer et les composter mais seulement à conditions que votre compost soit assez volumineux pour se mette en chauffe de suite (en mélangeant avec de l’herbe verte, pour plus d’efficacité). Vous pouvez également tout simplement enterrer ce broyât de buis contaminés.

Et vous, avez vous été confronté à ce problème ? Avez vous trouvé une solution efficace ?

Dites nous tout dans les commentaires ci dessous.

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A propos de Christian

Consultant Jardin & Espace verts - Maître Composteur - Passionné de plantes et insectes - Pour un jardin naturel et un sol fertil - de formation agronomique J'ai été pépiniéristes durant 25 ans avec 5 ans paysagiste.


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12 commentaires sur “Traitement Pyrale du buis

  • Odile

    merci pour les conseils mais, pour mes buis, je crois que c’est trop tard : seul 1 sur 10 possède encore des feuilles vertes.

    je compte les arracher et les remplacer par des lonicera nitida.

    j’en ai déjà eu par le passé et j’ai vu qu’ils se comportaient bien dans le Var.

    savez-vous s’ils sont résistants à la pyrale ?

    d’avance merci.

    • Christian Auteur du billet

      Ce n’est pas parce qu’ils n’ont plus de feuilles vertes en ce moment qu’ils ne vont pas repartir. Il leur faut parfois 1 mois avant de refaire des feuilles. De plus, là arrivant en période froide, ils vont probablement mettre un peu plus longtemps. Pour voir si ils sont encore en vie, grattez un peu l’écorce. Si elle est verte dessous c’est bon.
      Je pense que lonicera nitida résiste à la pyrale. En tout cas on ne les a pas vu encore les attaquer. Le problème du lonicera nitida c’est que ça pousse bien plus vite que le buis et qu’il faut donc tailler beaucoup plus souvent.

  • Bonniaud

    Bonjour,
    Merci pour ces infos mais il n’en reste pas moins qu’il est difficile d’identifier la pyrale lorsqu’on a des buis qui sèchent, jaunissent, surtout après une année comme l’année dernière ou après transplantation. Personnellement, j’ai tenté de désépaissir une haie de buis trop dense, trop âgée, trop haute. Certains pieds ont crevé, d’autres ont l’air mal en point… Pyrale or not Pyrale ?
    Est-ce qu’un petit passage de Bacille Thu… taki ne serait pas judicieux quand même, même si je ne vois pas de chenille ? Ou, dans le doute, est-ce qu’il vaut mieux investir dans les phéromones ?
    Merci de votre aide

    • Christian Auteur du billet

      Les traitements aux bacillus thurengis ne sont efficace que en présence des chenilles et cela pour 2 raisons: ce n’est pas un produit efficace par simple contact mais il faut que les chenilles l’ingèrent en même temps qu’elles grignotent les feuilles, et c’est un produit bio-dégradable vite détruit par le soleil et les intempéries.

      Les phéromones ne sont pas fait pour tuer toutes les pyrales de vos buis mais juste pour en piéger une partie et ainsi être prévenu de leur arrivée sur le secteur afin de pouvoir faire au mieux un traitement de bacillus.

  • Birette

    Ah si, la pyrale est très facile à identifier ! Les chenilles, les papillons, les toiles, les boules d’excréments au sol … Aucun doute possible !

  • yves

    Bonjour,
    Merci pour ces éléments et informations.
    Les buis d’un jardin grenoblois ont été décimés l’an dernier, jusqu’au tronc. Je tenterai une intervention s’ils « repartent » cette saison.
    Je m’interroge à propos des forets de buis, en Vercors, en Drôme…, certes elles sont un peu à l’écart, l’altitude peut également les préserver, mais vu la voracité décrite et la capacité de multiplication de ces papillons, comment les protéger ?
    Sur leurs territoires d’origine, quels espèces (oiseaux, insectes,…) ou mécanismes naturels (toxicité réactive des feuillus…) contrôlent leurs pullulations ? A-t-on des éléments à ce sujet ?
    Merci. yv

    • Christian Auteur du billet

      Pour l’instant je ne vois pas de solution pour les buis de montagne. Le bacillus thurengis est très efficace mais si on traite toute la montagne (par avion) cela tuera toutes les chenilles de papillons du coin. Malheureusement les contreforts OUEST du Vercors ont déjà été fortement attaqués.
      Dans leurs pays d’origine, ces chenilles sont attaquées par le frelon asiatique (ça commence également chez nous). Mise à part ça je ne connais pas précisément d’autres prédateurs d’origine, mais il doit y en avoir. En France, certaines personnes ont vu des moineaux et mésanges s’y attaquer. Le problème est que comme la chenille mange exclusivement du buis, elle acquière un côté toxique.